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Le métro de Londres, Underground ou Tube a été créé en
1863, ce qui fait de lui le plus ancien du monde. A ses débuts, seule une ligne
le composait. Aujourd'hui, il n’en comporte pas moins de onze : Bakerloo Line,
Central Line, District Line, Hammersmith & City Line, Jubilee Line,
Metropolian Line, Northern Line, Piccadilly Line, Victorian Line et Waterloo
& City Line. Au total, ce sont 268 stations qui sont désservies chaque
jour. Je ne vais rien t'apprendre mais à l'image de notre capitale, Londres est
divisé en zones, six pour être exact.
Lorsque je prends le métro sur Paris, je le fais
uniquement pour me déplacer. Le bénéfice du transport est uniquement
utilitaire. A Londres, le métro ne se limite pas à sa fonction de transport de
voyageurs. A chaque fois que je monte dans une rame, je ne prends pas uniquement
le métro : je vis une expérience, je prends plaisir, je vis des émotions. En marketing,
on parle d'expérience de consommation.
Selon Filser (2002), « l’expérience fait appel à la
sphère cognitive et à la sphère affective. Elle résulte de l’interaction
personne – objet – situation ». Par définition, elle repose donc à la fois sur
des éléments objectifs et subjectifs.
Non je ne divague pas lorsque je parle d'expérience de
consommation pour désigner un trajet de métro. A mes yeux, il est un haut lieu
culturel de la capitale britannique au même titre que le Big-Ben ou l'Abbaye de
Westminster. Pourquoi ?
Mes connaissances en transport public de proximité sont
infimes, mais je pense qu'en France, nous avons un wagon de retard. Je ne parle
pas de nos TGV ou TER qui, que l'on le veuille ou non, offrent une qualité de
service que l'on ne retrouve pas dans la majorité des pays du globe. Les métros
français et plus particulièrement le métro parisien ont beaucoup à envier à
leur homologue londonien et ce, sur différents points.
Un produit train de qualité
Les wagons, en plus de paraître récents, sont équipés d'un
système de portes automatiques à l'image de ce que l'on peut voir sur la
ligne 14 à Paris. Il n'est ainsi pas nécessaire de toucher les poignées
métalliques parfois vraiment sales...
Autre point fort du métro londonien, la proportion du
réseau situé en surface ; 55% de celui-ci est en effet aérien. Il est plus
agréable de voyager en regardant défiler le paysage que d'être plongé dans le
noir.
La régularité et le nombre de jours de grève ou de
fermeture pour travaux m'étant inconnus, il serait malvenu de ma part de comparer
les deux systèmes sur ces deux points.
Également, que l'on voyage en pleine journée ou en soirée,
le sentiment de sécurité dans les métros et stations est une réalité. Je
ne sais pas si les innombrables caméras de sécurité installées et/où les agents
de sécurités y sont pour quelque chose, mais les usagers sont rassurés de
prendre les transports publics.
Par ailleurs, en deux mois à Londres et en prenant les
transports au minimum quatre fois par jour, je n'ai vu qu'une personne frauder.
A chacun de mes passages en Ile de France, je vois au moins une personne
franchir les points de contrôle sans payer. Hasard du calendrier ou réalité
affligeante ? Une fois encore, je ne possède malheureusement pas de données
chiffrées pour appuyer mes propos. Avec quelles variables est corrélé le taux
de fraude : le nombre d'agents de sécurité, la mentalité des usagers
(différente entre les Français et les Anglais), etc...?
Le taux de fraude représente un manque à gagner évident,
il serait intéressant d'analyser s'il serait rentable pour
Cependant, il faut le reconnaître, prendre les transports
à Londres est très onéreux. Compter £100 pour un mois de transport dans les
Zones 1-2 contre 56,60 € à Paris. Le coût de la vie à Londres est certes plus
élevé mais le différentiel de prix entre les deux transporteurs n'est pas
proportionnel. A la vue des tarifs en vigueur, la qualité n'a d'autre choix que
d'être meilleure !
Un produit train expérientiel
En soi, prendre les transports en commun n'apporte aucun
plaisir. Toutefois, à travers la mise en
valeur de plusieurs éléments de son offre de produit, Transport for London, la
société qui exploite le métro, essaie de donner à ses voyageurs un petit plus.
Certaines stations bénéficient d'une décoration
personnalisée. A Baker Street par exemple, il est possible de voir les profils
de la tête de Sherlock Holmes sur les murs.Un peu de chauvinisme de temps en temps ne fait
pas de mal ; ne dénigrons donc pas complètement le métro parisien. La
décoration de certaines stations y est également réussie. Prenons celle du « Louvre-Tivoli » où des
copies des oeuvres d'art exposées au Musée du Louvre sont présentes. Grâce à
cet aménagement, la station prend une autre dimension. Elle devient un lieu où
il est possible de se cultiver.
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“Mind the
gap between the train and the plateform”. “This is the Picadilly Line to
Cockfosters”. “Change
here for the District Line”. Ces extraits d'annonces sonores que l'on entend
dans le métro sont cultes. Il n'est pas rare d'entendre des personnes, de
quelques nationalités qu'elles soient, les réciter avec passion sans exprimer
la moindre once de lassitude. Pour l'annonce “Mind the gap between the train
and the plateform”, il a été décidé de la diffuser pour réduire le nombre
très élevé d'accidents ayant lieu à la descente du métro. Ce fait qui aurait pu
ternir l'image de l'entreprise a été oublié et le message est désormais devenu
un support publicitaire.
A ce propos, le métro et principalement son logo
sont devenus un des symboles de Londres. Tous les touristes ou presque
prennent une photo d'un panneau indiquant une station comme ils photographient
la garde royale ou une cabine téléphonique.
La marque est un business lucratif. Pour séduire un
maximum de touristes, les produits dérivés à son effigie sont nombreux et
variés : cartes postales, portes-clés, serviettes de bain, etc...
En somme, le métro est un succès marketing et j'en suis malheureusement une de
ses victimes : j'ai cédé à la tentation et me suis offert des shooters de la
marque... Seras-tu la prochaine victime du métro londonien ?
